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DEB | Longtemps je me suis masturbé sur Keller

 

 

D’abord ce fut un visage.
Ce visage-là…

Un visage des années 60.
Celui de Pascale Petit ou de Françoise Arnoul.
BB ne m’inspirait pas.
Ni les blondes.
Elle, Christine, Christine Keller,
Elle avait provoqué un scandale en Angleterre.
L’affaire Profumo.
Un ministre qui avait du goût …


Puis il y eut cette photo.
J’avais 13 ans peut-être…
J’imaginais que j’entrai dans un compartiment de train.

Et il y avait cette femme, assise.

Ces jambes…

Cette photo-là est récente.
Elle est toujours aussi belle, Christine.
Si j’avais 13 ans aujourd’hui
Je crois bien que je recommencerais.






 

DEB | Violence et liberté

Samedi 22 mars 2008

Retour à mon camp de base de Claouey. Le vieil homme va de mieux en mieux. Il paraît toujours heureux de me revoir, oserais-je dire : rassuré ? Il a, comme Sartre, cette générosité qui consiste à vous approuver largement. Mon action politique sur Latresne lui plaît, me semble-t-il, beaucoup. Nous notons ces similitudes dans nos parcours, “ce là-bas si j’y suis” qui nous caractérise. L’un comme l’autre nous sommes allés, d’une certaine manière, d’une vie l’autre.
Pour Francis, en gros, quatre axes :

1) la philosophie (Sartre, Les temps Modernes, les livres) ;
2) l’engagement politique (le réseau de soutien au Fln en France, etc.) ;
3) l’action culturelle dans la Cité (Chalons, la maison de la culture sur une inspiration de Malraux ;
4) la psychiatrie (séjour chez Jean-Pierre Losson à Lyon, puis création de la SOFOR).

Ce qui nous différencie, note Francis, c’est qu’à chaque fois, lui, a été invité à aller “ailleurs”. Moi, on ne m’a jamais rien demandé vraiment. Les invitations la plupart du temps consistaient à faire de la figuration. La dernière en date, d’invitation, de Charles Dussort, sur la liste de gauche dans mon patelin, c’était pour faire acte de présence, plus ou moins virtuelle. Pour Francis, c’était à chaque fois un engagement lourd. Cette cohérence de sa vie, et qu’il souligne, c’est cela : on est venu me chercher.

Comme d’habitude, après le passage de l’infirmier, nous prenons notre petit déjeuner ensemble. Lait et céréales pour lui, café au lait pour moi. C’est juste le moment où se fait un soleil clair qui nous saisit, lui et moi, dans cette petite maison où nous retrouvons désormais deux fois par mois. Nous parlons culpabilité. Je sais comme Francis l’a toujours refusée. Et il sait comme j’y suis englué moi, dans ce machin. On me fait si facilement culpabiliser. Pour un rien, je me sens coupable de tout. Christiane, ça la rendait furieuse.

Et c’est à propos de Christiane qui a été sa compagne pendant près de 47 ans que Francis dit se sentir coupable. C’est bien la première fois que j’entends ça. Je ne lui demande pas de préciser, mais je crois que c’est ainsi : on se reproche de ne pas avoir assez aimé quelqu’un qui vient de mourir. Je lui cite alors ceci (dont le nom de l’auteur m’échappe), quand il découvre le chagrin que lui cause la perte d’un être qu’il ne lui savait pas si cher : “